International

CISJORDANIE OCCUPEE : La folie des colons israéliens continue

 

Hier, les attaques de colons extrémistes contre des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie occupée ont, une nouvelle fois, mis en lumière une réalité devenue structurelle. Sous la protection des forces sionistes, la violence systématique transforme les terres agricoles en zones de danger permanent, au service d’une stratégie de dépossession. Des colons ont attaqué non seulement des agriculteurs palestiniens, mais aussi un convoi de diplomates européens en visite à Taybeh, village chrétien situé au nord-est de Ramallah. Parmi les victimes figure Bernard Baudoux, maire communiste d’Aulnoye-Aymeries, dans le nord de la France. Roué de coups, il apparaît sur une vidéo affalé au sol contre une voiture, encore ceint de son écharpe tricolore. Il était venu participer à la récolte des olives aux côtés d’habitants locaux. «Je pense que si les colons agissent comme ça, il y a une tolérance du gouvernement israélien», a-t-il dénoncé après l’agression. La photojournaliste américaine Heidi Levine, qui couvrait la visite, a elle aussi relaté avoir été agressée par des colons, qualifiant les faits de «folie absolue».

Des agriculteurs pris pour cible

La saison de la cueillette des olives, par laquelle des milliers de familles maintiennent leur lien à leurs terres, est devenue le théâtre d’attaques répétées. Protégés par l’armée, des colons empêchent les agriculteurs d’accéder à leurs parcelles. Dans la zone d’al-Wad, entre Jamaïn, Marda et Yasouf (nord de Salfit), des colons ont agressé des cueilleurs, volé un tracteur, tiré à balles réelles et forcé les habitants à quitter leurs terres sous la menace. Un nouvel avant-poste récemment installé facilite ces opérations. À Beit Furik, à l’est de Naplouse, soldats et colons ont bloqué l’accès aux oliveraies tandis que des dizaines d’arbres étaient abattus. À Salem, des gaz lacrymogènes ont provoqué plusieurs asphyxies. À Burin, des olives et du matériel ont été dérobés sous des tirs. D’autres incidents ont été signalés à Masafer Yatta — six blessés, dont quatre femmes, et un troupeau de moutons volé —, à Idhna (récoltes pillées et incendiées), à Deir Jarir (attaques sous tirs), à Al-Mughayyir (pâturage forcé sur des terres d’oliviers), ainsi qu’à Salfit et Yatma.

34 attaques en moins de 48 heures

Selon la Commission de résistance au mur et aux colonies, 34 attaques ont été recensées en moins de deux jours. Elles ont fait au moins 19 blessés, auxquels s’ajoutent plusieurs cas d’étouffement. Le schéma est constant : intimidation, expulsions, destruction de moyens de subsistance et vols. Les chiffres de l’OCHA confirment l’ampleur du phénomène. Plus de 900 Palestiniens ont été blessés lors d’incidents impliquant des colons entre janvier et juillet 2026, dont une part importante d’agriculteurs. Lors de la saison 2025, plus de 110 personnes avaient déjà été blessées.

Un outil de dépossession

Ces attaques ne relèvent pas de débordements isolés. Depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition de droite et d’extrême droite en décembre 2022, elles s’inscrivent dans une dynamique de hausse continue. En rendant l’accès à la terre, dangereux et économiquement intenable, elles poussent des communautés rurales et bédouines à abandonner leurs terres. Une fois les habitants chassés, ces zones sont consolidées par de nouveaux avant-postes agricoles, puis légalisées ou transformées en colonies. Des ministres israéliens ont publiquement défendu une logique de «maximum de territoire avec un minimum d’Arabes» et affiché leur volonté d’«enterrer l’idée d’un État palestinien». Dans ce contexte, la violence contre les agriculteurs apparaît comme un levier de transformation démographique et territoriale. L’impunité en est le carburant : la quasi-totalité des plaintes se solde par un classement sans suite, tandis que la présence régulière des forces de sécurité aux côtés des colons nourrit le sentiment d’une tolérance politique. Le résultat est une fragmentation croissante de la Cisjordanie. Les enclaves se réduisent, la continuité territoriale s’érode et les conditions d’un État souverain s’éloignent. Tant que ces attaques resteront sans conséquences, la récolte des olives continuera d’être, pour des milliers de Palestiniens, un moment de confrontation et de perte.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page