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CAN : l’édition 2025, la pire de l’histoire du football africain

Des journalistes sportifs algériens et internationaux ont considéré, à l’unanimité, la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football, comme la pire de l’histoire du football continental, au regard des graves dysfonctionnements et dépassements ayant marqué cette édition, entachée de «déliquescence et de corruption» ayant fortement terni son image.

Ces journalistes ont considéré que la mauvaise organisation, conjuguée au faible niveau de l’arbitrage et aux erreurs flagrantes qui en ont découlé, a eu un impact négatif direct sur les résultats de plusieurs équipes, dont l’Algérie, l’Egypte et le Nigeria. Même le Sénégal n’a pas été épargné par ces dérives lors de la finale du tournoi, qu’il a pourtant remportée face au pays organisateur, malgré toutes les manœuvres et intrigues ourdies en coulisses pour maintenir le trophée dans le pays hôte.

Dans ce contexte, le président de l’Organisation nationale des journalistes sportifs algériens (ONJSA), Youcef Tazir, a déclaré que cette édition a enregistré de graves insuffisances tant sur le plan technique qu’organisationnel, affectant directement le déroulement de la compétition, notamment sur le plan de l’arbitrage, qui a constitué le véritable point noir du tournoi. Il a souligné l’apparition d’un favoritisme clair et manifeste en faveur de l’équipe du pays organisateur dès le début de la compétition.

L’interlocuteur s’est interrogé sur les véritables raisons ayant poussé la commission d’arbitrage de la CAF à retarder l’annonce des arbitres à partir des quarts de finale, voire à les modifier à certaines occasions, selon les ambitions démesurées et les intérêts précis du pays hôte, ce qui a contribué à «semer le doute et la suspicion quant à la probité et à la crédibilité de la compétition».

Il a ajouté que «ces éléments, à eux seuls, suffisent à confirmer l’enlisement de l’arbitrage dans le marécage de la corruption», précisant que les critiques n’ont pas émané uniquement des équipes directement lésées, mais également d’analystes et de journalistes neutres hors du continent, animés par leur attachement au football et à sa réputation continentale, les poussant à tirer la sonnette d’alarme.

Cet avis est partagé par plusieurs figures de la presse sportive, à l’image du journaliste Fodil Ahfayad qui a affirmé que «l’arbitrage a été effectivement le point noir du tournoi et a porté atteinte en profondeur à la crédibilité de l’une des plus anciennes compétitions continentales, classée troisième au monde en termes d’importance, et bénéficiant habituellement d’une large couverture médiatique internationale».

A la lumière de ces constats, plusieurs médias africains ont appelé à l’intervention des instances influentes du sport continental afin de mettre un terme aux «symboles de la corruption» à l’origine de telles mascarades, tenant certaines parties puissantes pour responsables de l’influence directe exercée sur les décisions prises.

De son côté, le journaliste sportif Reda Abbas a affirmé que le pays organisateur a eu recours à «tous les moyens illégitimes et méthodes illégales pour s’emparer du trophée».

Il a indiqué que la sélection sénégalaise avait fait face à une absence totale de mesures de sécurité et d’encadrement lors de son arrivée à la gare de Rabat, en plus de conditions d’hébergement indignes d’un événement continental de cette envergure, sans oublier les problèmes liés à la billetterie. Des dépassements signalés dans un communiqué officiel de la Fédération sénégalaise de football.

Il a ajouté que «ces pratiques douteuses ont confirmé, dès le début du tournoi, les desseins du pays organisateur de remporter le trophée en dehors du terrain».

Pour sa part, le journaliste Gregory Schneider a abordé ces dérives dans une émission spéciale diffusée sur la chaîne française L’Equipe, affirmant que le pays organisateur a fait usage de l’argent de la corruption comme levier décisif dans sa quête du titre, en recourant à tous les moyens possibles.

Schneider a souligné que ces pratiques, orchestrées par des acteurs rompus aux jeux d’influence en coulisses, «nuisent avant tout à l’image du football africain, en constante évolution, et qui, au lieu de poursuivre sa trajectoire ascendante, se retrouve brutalement freiné par des pratiques qui resteront gravées dans son histoire».

Afin d’éviter la répétition de tels dépassements, susceptibles de tuer la passion d’une génération entière de jeunes talents africains, de nombreuses voix se sont élevées pour appeler la Fédération internationale de football (FIFA) à intervenir et à mettre un terme à ces «mascarades» qui menacent l’avenir du football africain.

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