
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que l’Algérie a pu réaliser des chiffres importants en matière d’exportations hors hydrocarbures, mais que les produits nationaux faisaient face à une guerre sur les marchés extérieurs.
Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée, samedi soir, sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le président de la République a déclaré que les exportations de l’Algérie hors hydrocarbures ont atteint 5 milliards de dollars, qualifiant ce chiffre de « miracle à tous égards » comparé aux niveaux précédents qui ne dépassaient pas 1,5 milliard de dollars.
Il a ajouté qu’en dépit de cette progression, une « guerre est menée contre l’Algérie en matière d’exportations hors hydrocarbures », en faisant référence aux « pratiques déloyales » auxquelles sont confrontées les exportations algériennes de rond à béton en Europe.
Cette dernière attribue à l’Algérie un quota pour chaque trimestre, quantité qui « est totalement consommée en 12 jours », alors que 85% des achats de l’Algérie proviennent d’Europe, a-t-il rappelé.
A ce propos, il a fait remarquer que l’Algérie a demandé une renégociation, mais qu' »aucun consensus européen » n’a été atteint.
Dans le même sillage, le président de la République a souligné que « certains pays incitent à la haine contre l’Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles ».
Concernant l’endettement extérieur, le président de la République a assuré que l’Algérie « n’y aura pas recours », précisant que tout financement extérieur se fera « selon une vision rationnelle et exclusivement orientée vers des projets économiques à haute rentabilité ».
Il a, à ce titre, précisé que l’Algérie bénéficie d’un financement de la Banque africaine de développement (BAD) d’une valeur dépassant 3 milliards de dollars, destiné à la réalisation du projet d’extension de la voie ferrée vers El Meniaa et Ghardaïa « avec possibilité de remboursement adapté s’étalant sur 13 ans ».
Il a, en outre, fait observer que l’Algérie peut bénéficier des services de la BAD, d’autant plus qu’elle en est l’un des membres fondateurs et l’un de ses principaux contributeurs, soulignant que les conditions de financement proposées sont « souples », la BAD étant une institution africaine créée pour soutenir le développement des Etats membres et non une entité privée.
Le président de la République a, par ailleurs, insisté sur l’exploitation de ces financements « selon une vision rationnelle, parallèlement à l’entrée des projets structurants en phase de rentabilité », ajoutant que l’Algérie
« n’hypothèquera pas l’avenir de ses enfants par l’endettement et ne renoncera jamais à l’indépendance de sa décision ».
A propos du taux d’inflation, le président de la République a précisé qu’il est passé de près de 11% en 2019 à moins de 1,8%, qualifiant cette évolution de « miracle dans le contexte actuel », comparativement à d’autres pays ayant connu une flambée des prix.
Il a également exprimé son refus, à l’heure actuelle, d’imposer le péage pour l’utilisation de l’autoroute Est-Ouest, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, ajoutant que le transport inter-wilayas des produits de première nécessité s’effectue sur cet axe routier.
Le président de la République a souligné que l’Algérie est un « Etat social » qui autorise la liberté des affaires, mais qui « veille en même temps à la protection de la classe ouvrière, dans le cadre d’une solidarité nationale garantissant des prix à la portée des citoyens ».
S’agissant de la visite prévue prochainement de la présidente du Conseil des ministres italien en Algérie, le président de la République a indiqué qu’elle permettra d’évaluer tout ce qui a été accompli en matière de relations économiques et d’examiner les moyens de les développer davantage, insistant sur la nécessité de lancer une chambre de commerce algéro-italienne.
Le président de la République a, par ailleurs, souligné l’importance particulière que porte l’Algérie au plan Mattei, destiné à soutenir les économies africaines, en tant que vitrine du continent, ajoutant, dans ce cadre, que le projet agricole mené par une entreprise italienne à Timimoun sur une superficie estimée à 35.000 hectares devra accueillir des stagiaires de plusieurs pays africains.




